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BOUCHERON : L’ÉPÉE RÉALISÉE POUR L’ACADÉMICIEN ANTOINE COMPAGNON



La maison Boucheron est heureuse d’avoir été commissionnée par Antoine Compagnon pour réaliser son épée d’académicien. Balenciaga, appartenant comme Boucheron au groupe Kering, a réalisé l’habit d’académicien d’Antoine Compagnon. Ecrivain et critique littéraire, ce dernier a fait son entrée à l’Académie Française le 11 mai 2023.


ANTOINE COMPAGNON, UN HOMME DE LETTRES

Antoine Compagnon est un critique littéraire, écrivain et professeur émérite au Collège de France, spécialiste notamment de Marcel Proust. Né en 1950 à Bruxelles, fils du général Jean Compagnon et de Jacqueline Terlinden, Antoine Compagnon passe son enfance à Londres, en Tunisie, puis à Washington, au gré des affectations de son père. Il achève ses études secondaires au Prytanée national militaire de La Flèche, puis entre à l’École polytechnique (promotion 1970) et devient ingénieur des ponts et chaussées. Alors âgé de 25 ans, sa passion pour les lettres le rattrape. Ce « quasi-autodidacte en littérature », comme il se définit, devient docteur en littérature française en 1977 et docteur d’État ès lettres en 1985. Après sa première thèse, il retourne à l’École polytechnique, mais cette fois, pour y enseigner (1978-1985), comme à l’Institut français du Royaume-Uni à Londres (1980- 1981). En 1985, après sa thèse d’État, il devient professeur à l’université Columbia de New York, avant de revenir enseigner en France à l’université du Maine (1989- 1990), puis à la Sorbonne (1994-2006) et au Collège de France (2006-2020). Il est l’auteur de nombreux livres de critique et d’histoire littéraires, sur Montaigne, Baudelaire, Proust, ou encore Colette, ainsi que de plusieurs récits.


L’ÉPÉE D’ACADÉMICIEN, UN OBJET SYMBOLIQUE ET PERSONNEL

Fondée en 1635 par le cardinal de Richelieu, l’Académie française a pour mission de défendre la langue française, c’est-à-dire selon ses statuts, de « donner des règles certaines à notre langue et de la rendre pure, éloquente et capable de traiter les arts et les sciences ». C’est dans ce cadre que cette institution compose et met à jour régulièrement le Dictionnaire de l’Académie française, dont la toute première édition date de 1694. L’Académie française est composée de 40 membres élus par leurs pairs. Surnommés les immortels, ils se réunissent lors de séances tous les jeudis sous la coupole de l’Institut de France, à Paris. Les académiciens se distinguent par leur habit vert et leur épée, signes traditionnels de leur fonction. À la différence du costume, l’épée n’est pas obligatoire. Néanmoins, cette œuvre est largement adoptée par les nouveaux membres du fait de son caractère personnel. Il s’agit souvent d’une création originale et sur mesure, qui porte les symboles représentant la vie et l’œuvre de l’académicien élu. Elle lui est remise par ses amis au cours d’une cérémonie privée.




UNE ÉPÉE A L’IMAGE DE L’HOMME ET DE SON ŒUVRE

La maison Boucheron a ainsi accompagné Antoine Compagnon dans la réalisation de son épée d’académicien. Ce projet, fruit de près d’une année de cocréation, a permis au joaillier de proposer à l’académicien une épée à l’image de sa personnalité ainsi que de son parcours. Son souhait d’un design simple et épuré a guidé la création de l’objet, réalisé tout en transparence dans un seul et unique bloc de verre. Reconnue pour l’utilisation du cristal de roche, la maison Boucheron a pu réaffirmer, à travers cette commande, tout son savoir-faire autour de la transparence. Cette commande exceptionnelle a représenté un défi inédit. En effet, pour mener à bien un projet de cette ampleur, dans toute sa finesse et sa robustesse, de nombreux savoir-faire différents ont été nécessaires. Les ateliers ont dans un premier temps conçu numériquement le dessin de l’épée, pour ensuite obtenir un moule en cire au moyen d’une imprimante 3D. Le travail d’un seul et unique bloc de verre a également requis des exigences parfois contradictoires, notamment pour épouser les différents volumes et formes de l’épée. Aucune machine existante ne sachant intégrer toutes ces aspérités, il en a été créé une spécialement pour l’épée d’Antoine Compagnon. Une fois ce travail de volumes achevé, la maison a fait appel à un savoir-faire différent, celui de sculpture à même le verre afin de réaliser les gravures. Ce travail a été obtenu grâce à la maîtrise des montées et descentes en température des fours, un savoir-faire ancestral rare, ainsi qu’à la technique de la glyptique pour les détails de la plume. Ainsi, c’est véritablement la combinaison de techniques innovantes et historiques qui a permis à cette épée exceptionnelle de voir le jour. Comme le veut la tradition, plusieurs symboles ornent l’épée et rendent ainsi hommage à la vie d’Antoine Compagnon.




Une plume en guise de branche de garde fait référence à son métier d’écrivain. À la fois graphique et délicate, elle a nécessité un travail de sculpture très méticuleux afin de donner à la plume un mouvement naturel et d’épouser la main d’Antoine Compagnon. Sur la lame de l’épée est gravé un extrait de l’œuvre majeure de Proust, À la recherche du temps perdu. On peut ainsi lire ce court extrait choisi par Antoine Compagnon : « Zut, zut, zut, zut ! », calligraphié selon le manuscrit original de Marcel Proust, auteur dont il est spécialiste. Ce choix est un pied de nez aux citations emblématiques de la littérature française, célèbres pour leur poésie. Il reflète ainsi parfaitement l’esprit de légèreté et de fantaisie d’Antoine Compagnon. On peut également observer un hérisson dans le cabochon de l’épée. Le hérisson est un symbole intime qu’a choisi Antoine Compagnon, d’après une aquarelle de Hans Hoffmann, artiste de la Renaissance, qui lui est chère. Cet animal fait également référence à un aphorisme du poète grec Archiloque : « Le renard sait beaucoup de choses, mais le hérisson sait une grande chose. » La forme du cabochon reprend, quant à elle, celle de la bague Parfum, code iconique de la maison Boucheron. Ce hérisson a nécessité un travail méticuleux puisqu’un moule a d’abord été sculpté à la main par un artiste sculpteur. Bien qu’il semble apparaître en volume, l’empreinte de l’animal est en réalité creusée directement dans le verre, d’après la technique de la cire perdue utilisée en joaillerie. Enfin, les proportions de cette épée reprennent celles de la tangente, l’épée d’uniforme de Polytechnique, en référence à cette institution dont Antoine Compagnon fut diplômé en 1970. Autre référence à l’institution, le manche en verre de l’épée d’Antoine Compagnon est orné d’une gravure en spirale, subtile référence à la chaîne qu’orne le manche des épées des polytechniciens.

En s’éloignant de la tradition des épées ornées de pierres et de métaux précieux, la maison Boucheron et Antoine Compagnon ouvrent la voie vers une esthétique nouvelle pour cet objet à la valeur hautement symbolique.


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